Germaine Ribière naquît à Limoges le 13 avril 1917 dans une famille catholique très pieuse de porcelainiers. Son père la mit en garde dès avril 1933 face aux persécutions antisémites en Allemagne. Elle entama des études de philosophie à Poitiers et entra en 1940 au secrétariat national de la Jeunesse Etudiante Chrétienne féminine à Paris.
Elle manifesta sur la place de l’Etoile à Paris le 11 novembre avec les étudiants empêchés de rentrer chez eux à Noël. Le 14 mai 1941, elle assista à l'arrestation de Juifs dans le Marais. A l’été 1941, elle repéra des personnes fiables susceptibles d’agir avec elle afin d’amorcer un réseau. Elle interrompit ses études en novembre 1941 pour s’engager dans la résistance. Elle devint une proche collaboratrice du père Pierre Chaillet, dirigeant du journal Cahiers du Témoignage Chrétien et de l'organisation Amitié chrétienne.
Lors des rafles en zone libre, en Haute-Vienne, Creuse et Indre, le 26 août et en septembre 1942, Germaine Ribière et le pasteur Chaudier de Limoges trouvèrent des cachettes dans des familles non juives pour les enfants des lieux d'accueil de l’Œuvre de Secours aux Enfants (OSE). Elle profita de la création d’un service social au camp de Nexon (Haute-Vienne) par le Secours National pour apporter un peu de réconfort aux internés.
Le 29 août 1942, elle accompagna des déportés dans le train depuis le camp de Nexon jusqu’à Vierzon. Elle rapporta de ce convoyage de précieux renseignements sur les membres de familles que les déportés laissaient derrière eux. Infirmière-chef à la pouponnière de Limoges de 1941 à mai 1944, elle fit des visites régulières là où elle cachait des enfants. Elle s’occupa du convoyage et du camouflage des enfants juifs menacés de déportation à l’échelle nationale et même internationale (Suisse, Espagne ou Etats-Unis). Elle aida des convois à passer la ligne de démarcation, se camouflant notamment en infirmière.
Elle fut l’une des premières femmes en France nommées Juste parmi les Nations en 1967, titre décerné au nom de l’Etat d’Israël par le mémorial de Yad Vashem. Après la guerre, Germaine Ribière reprit ses études pour devenir assistante sociale.