#Biographie - Italie

Le père Luigi Tommasini

Le père Luigi Tommasini, curé de Burzanella, était un opposant au fascisme, aumônier des travailleurs italiens en Allemagne et prêtre partisan. Il a sauvé sa communauté du massacre de Monte Sole. Après la guerre, il a aidé les anciens combattants et a perpétué la mémoire de la Résistance.

Né le 1er juin 1909 à Minerbio, le père Luigi fut témoin des difficultés rencontrées par les ouvriers agricoles de la plaine de Bologne au lendemain de la Première Guerre mondiale. À dix-huit ans, après avoir exercé le métier de menuisier, il décida d’entrer au séminaire. Il fit ses études à Carpi et fut ordonné prêtre le 11 septembre 1939, avant d’être nommé curé de Burzanella (Camugnano).

En 1940, il fut convoqué par le maréchal des carabiniers pour des « propos imprudents » tenus au sujet de la déclaration de guerre. Pour éviter des ennuis, sur les conseils de Cardina, il posa sa candidature pour devenir aumônier militaire, mais sa demande fut rejetée. En 1941, il conseilla aux paroissiens opposés au service militaire de s’engager comme volontaires en Allemagne. Le 29 janvier 1942, il se rendit à Sarrebruck en tant qu’aumônier des travailleurs réquisitionnés, défendant ces derniers contre les délégués fascistes et les fonctionnaires allemands.

Après le 25 juillet 1943, à la suite de désaccords avec les forces allemandes sur le traitement des travailleurs italiens, il fut arrêté à Neustadt et à Heidelberg. Après un bref séjour à l’hôpital de Merlebaach, profitant d’un raid aérien sur Innsbruck, il traversa la frontière et utilisa tous les moyens à sa disposition pour rentrer chez lui.

Ayant repris possession de la paroisse, il conseilla aux paroissiens de répondre à l’appel de la République sociale italienne « puis de fuir avec leurs armes » et de se cacher. C’est ainsi que les premiers groupes armés furent organisés et, sur ses conseils, un abri anti-aérien fut rapidement construit près du ruisseau de Vezzano. Au cours de l’hiver 1943-1944, il hébergea un groupe de Juifs de Bologne dirigé par Italo Finzi et 40 frères missionnaires du Sacré-Cœur.

En 1944, le nombre de partisans avait augmenté, et le père Luigi rejoignit la Brigade de l’Étoile rouge de Mario Musolesi. Il fit pression sur le commandement allemand pour qu’il allège la répression et obtint la libération de nombreuses personnes capturées lors de la rafle menée par les forces nazies le 19 juillet. Le 26 septembre 1944, apprenant l'attaque allemande imminente qui aboutit au massacre de Marzabotto, il tenta en vain d'en informer Musolesi. Il quitta alors Burzanella avec 2 000 paroissiens, se dirigeant vers Monte Acuto Ragazza.

Après la guerre, le père Luigi aida de nombreux partisans à trouver du travail et à se réinsérer dans la société. Il fut reconnu comme partisan combattant, s’engagea au sein de l’Associazione Nazionale Partigiani d’Italia (ANPI) pour préserver la mémoire de la Résistance, et s’opposa à la libération anticipée du commandant SS, le major Walter Reder. Il écrivit également un livre sur les massacres perpétrés par Reder, intitulé La Bufera. Le père Luigi est décédé le 17 mai 2002 à Bologne.

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