Jean Moulin est né le 20 juin 1899 à Béziers, en France. Avant la Seconde Guerre mondiale, il a fait carrière dans l'administration préfectorale française et a également travaillé au sein de plusieurs cabinets ministériels. En 1925, il devint le plus jeune sous-préfet de France, à Albertville. Il servit ensuite à Châteaulin, Thonon et Amiens, avant d’être nommé préfet de l’Aveyron en 1937 et préfet d’Eure-et-Loir en janvier 1939.
Lorsque la guerre éclata en septembre 1939, Moulin souhaita s’engager dans l’armée mais fut maintenu à son poste administratif à Chartres. Lors de l’avance allemande en juin 1940, il dut faire face à l’arrivée des réfugiés et à l’effondrement de l’administration française. Le 17 juin 1940, après l’entrée des troupes allemandes à Chartres, il refusa de signer une fausse déclaration accusant les soldats africains de l’armée française d’atrocités contre des civils. Arrêté et battu, il tenta de se suicider plutôt que de signer le document. Il survécut et garda la cicatrice toute sa vie.
En novembre 1940, le régime de Vichy le destitua de ses fonctions. Moulin s’installa dans la zone sud et commença à prendre contact avec des groupes de la Résistance. En 1941, il traversa l’Espagne et le Portugal pour rejoindre Londres, où il rencontra le général Charles de Gaulle. De Gaulle le nomma son représentant personnel en France et le chargea de coordonner la Résistance et de la relier à la France libre.
Parachuté de retour en France le 2 janvier 1942, Moulin s’installa à Lyon et commença à travailler sous plusieurs pseudonymes, dont Rex et Max. Il prit contact avec les principaux mouvements de la Résistance de la zone sud : Combat, Libération et Franc-Tireur. Son action contribua à la création de l’Armée secrète, puis des Mouvements unis de Résistance. Pour couvrir ses activités, il ouvrit une galerie d’art à Nice sous le nom de Romanin, un pseudonyme qu’il avait déjà utilisé en tant qu’artiste.
Le 27 mai 1943, Moulin réussit à réunir à Paris des représentants des mouvements de la Résistance, des partis politiques et des syndicats pour la première réunion du Conseil national de la Résistance. Le 21 juin 1943, il fut arrêté avec d’autres résistants à Caluire, près de Lyon. Torturé par la Gestapo à Lyon puis à Paris, il mourut le 8 juillet 1943 alors qu’il était transféré en Allemagne. Ses cendres furent transférées au Panthéon le 19 décembre 1964.