D’abord camp de réfugiés, le camp de Nexon (en Haute-Vienne), fut utilisé dès 1940 sous l’autorité du régime de Vichy pour interner des étrangers dits « indésirables ». Au fil du temps, la population du camp évolua, reflétant les changements dans les politiques de Vichy et les exigences allemandes. Le camp devint le maillon d’un large système de répression, ciblant les républicains espagnols, les opposants politiques (communistes, syndicalistes…), les réfugiés, les Juifs étrangers et les Tsiganes. Le 29 août 1942, 450 Juifs dont 68 enfants de la région de Limoges furent arrêtés, internés à Nexon puis livrés aux Allemands et déportés à Auschwitz.
Situé près de la gare ferroviaire, à l'écart du bourg, le camp était composé de dix-sept baraques entourées de fils de fer barbelé et surveillées par quatre miradors. Il pouvait accueillir jusqu’à 1 600 prisonniers. Les conditions dans le camp étaient marquées par la surpopulation, la malnutrition et le manque d’hygiène.
Malgré sa taille relativement modeste, le camp de Nexon, comme celui de Saint-Germain-les-Belles ou de Saint-Paul-d’Eyjeaux en Haute-Vienne, joua un rôle dans le réseau plus large des camps d’internement et de déportation en France. Il illustre la manière dont les camps administratifs et de transit étaient intégrés dans des systèmes nationaux et européens de contrôle pendant la guerre. Pour de nombreux internés, Nexon ne fut qu’une étape dans un parcours plus long pouvant mener au travail forcé, à l’emprisonnement ailleurs, ou à la déportation.
Le 11 juin 1944, le camp fut attaqué par les résistants des Forces Françaises Libres menés par Georges Guingouin. Cette opération permit l'évasion de 54 détenus, tandis que les autres prisonniers furent transférés par la Milice à Limoges pour des interrogatoires.
Le camp ferma définitivement en 1945. Il n’en subsiste aucune trace mais une stèle en rappelle le souvenir. Des travaux historiques récents ont cherché à documenter le rôle du camp et à préserver la mémoire de ceux qui y ont été internés.